Loisirs
Les habitants des quartiers de la Pilotière et du Pin Sec ont occupé leur temps libre de diverses manières, à commencer par les jeux dans les rues pour les enfants «Les loisirs, ça se passait dans la rue avec les autres enfants.» (Mmes Gergaud) Jacqueline et Gabrielle rajoutent : «On jouait sur le tas de sable qui était déposé pour la construction des maisons. On aimait beaucoup visiter les chantiers de construction. On cueillait des fleurs pentecôtes dans les champs. On faisait aussi du vélo en accrochant des cartes postales à nos rayons pour faire des bruits de mobylette. On faisait des marelles sur la chaussée car il n’y avait pas beaucoup de voitures à cette époque.»
Marie-Annie se souvient également des jeux qu’elle pratiquait: «On jouait dans les champs, dans les chantiers de construction du Pin Sec et sur le terrain de foot. On se baladait dans les jardins qui longeaient les voies de chemin de fer, au bout du terrain de foot. C’était un chemin bordé de chênes creux. Il y avait des roulottes et on jouait à cache-cache. »
Charlie évoque les rassemblements entre amis: « On se retrouvait avec les copains et copines sur la placette. On s’amusait bien. J’en ai de bons souvenirs. » Marie-Annie nous donne des détails: « Tous les enfants du quartier se rassemblaient au rond-point de la Chocolaterie. Petits, on jouait dans le Pin Sec et quand on était plus grand sur les placettes du quartier. On se retrouvait aussi dans les kermesses, aux salons Piou et au bal des mariages le samedi soir. » Eugène confirme que « beaucoup d’enfants animaient les rues du quartier car les familles étant souvent nombreuses, la télévision inexistante et la radio rare. »
En effet, la télévision fait son apparition en douceur dans ces quartiers. Georgette témoigne: «Pendant longtemps, nous n’étions que deux personnes à avoir la télévision. Le jeudi, les mercredi et samedi soir, nous mettions des couvertures par terre pour les enfants et ils regardaient la télé. J’avais tous les petits voisins et les jeunes du quartier qui venaient. Les enfants se réunissaient le jeudi, les mercredi et samedi soir. Nous, les parents, on jouait aux cartes dans l’autre maison. Si on entendait trop de bruit, on tapait sur la cloison !. » Jeannine se rappelle que «pour regarder la télévision dans les années 1950, il fallait mettre une pièce de 1 franc dedans pour regarder l’émission. »
Les différents cinémas projettent les films pour le bonheur des petits et des grands. Jacqueline et Gabrielle se rappellent: «Le dimanche, on allait au cinéma du Ranzay à 70 centimes de franc la place. C’était une des seules distractions avec la radio. »
Avec l’ouverture des Salons Piou à la fin des années 1880, les habitants des quartiers alentours s’y retrouvaient pour les bals et les mariages. Pierre se remémore cette époque: «La maison Piou était connue de tout Nantes. Située sur la route de Paris, c’était une salle de restaurant et de bal. Il fallait être bien habillé. J’y allais danser et c’est là que j’ai rencontré ma femme. » Les Salons Piou servaient aussi de lieu de réception pour les mariages.
Exelsio raconte : « Ce qui était sympa aussi c’était tous les petits cirques qui venaient. C’était familial, ça crée une bonne ambiance dans le quartier.» Les fêtes, les kermesses, les cirques ambulants, le patronage et le football animent ces quartiers. Les enfants et les adultes se distraient: il y en a pour tous les goûts ! Aujourd’hui les loisirs sont plus nombreux et variés, grâce aux activités proposées par le centre, les associations du quartier…
Les vacances étaient un moment de détente et d’amusement. Pour Eugène, c’était différent : « J’allais en vacances à la campagne au nord de Nantes garder les vaches pendant deux mois. » Jacqueline et Gabrielle se rappellent leurs « vacances à la campagne, dans le quartier ou au patronage. » Christine se confie : « Je me suis mariée en 1954 et nous avons acheté notre première voiture en 1957. On est parti en vacances tous les ans avec les enfants. On a bien voyagé. »

