Les métiers

Dans cette partie de la ville, l’emploi était surtout développé dans les usines et tenues maraîchères. Lorsque l’on quittait un emploi, un autre était trouvé sans problème le lendemain. De plus souvent aucune qualification n’était demandée, les qualités morales et physiques suffisaient. Certains ont eu une carrière avec des métiers très différents. Nous n’avons pas ici pour ambition d’être complet mais nous vous présentons un panorama des métiers existant dans le quartier de la Pilotière et du Pin Sec à l’époque.

 

Les hommes étaient maraîchers, ouvriers, marins, artisans ou petits commerçants. « J’ai fait dix ans de maraîchage. Pendant les années 40, je conduisais une voiture à cheval pour livrer les marchandises dans le quartier du Vieux Doulon. Après, j’ai fait trente ans de transport. Je suis allé au siège des Transports Drouin pour être embaucher. J’ai présenté ma lettre à la secrétaire et elle m’a demandé si j’avais mon permis de conduire. Je lui ai répondu « oui » et j’ai été pris tout de suite. J’ai passé leur permis et je suis resté chez Drouin une trentaine d’années. » (Pierre).

 

 

« A 25 ans, j’ai trouvé un poste à la « Biscuiterie Nantaise » où j’étais aux pétrins. J’ai tenté en vain un concours à la SNCF comme manœuvre. J’ai fait une formation interne avec les cours du soir et par correspondance. J’ai fait une carrière de conducteur de locomotive à vapeur : les 141R importées des USA qui ont succédées aux 231 fabriquées au Batignolles dans les années 1935-40. » (Eugène).

 

« Il y avait beaucoup d’hommes dans les métiers du bâtiment. » (Georgette).Même si la plupart des hommes travaillaient plutôt dans les usines proches du quartier, comme la chocolaterie, les Batignolles….

 

Les femmes, une fois libérées des tâches maternelles, travaillaient à l’extérieur comme ouvrières, vendeuses, secrétaires, serveuses, domestiques ou employées dans les commerces ou chez les particuliers. Jacqueline se souvient : « ma mère était couturière pour hommes et travaillait à la maison pour le compte du magasin « Le Grand Bon Marché », place Royale, appelé maintenant Magasin Noël. » Georgette raconte : « Les femmes commençaient à travailler dans les commerces et sur les marchés. On n’avait pas à manger si on n’allait pas travailler. J’ai été femme de ménage. Pendant un petit moment, j’ai été serveuse dans un café deux fois par semaine. Après, j’ai gardé des enfants. »

 

Toutefois à l’époque les familles étant nombreuses beaucoup de femmes restaient chez elles pour s’occuper de leurs enfants. Certaines travaillaient chez elles comme nourrice et parfois sans agrément, donc sans retraite aujourd’hui. Celles, qui possédaient une machine à tricoter, ont fait des tricots pour le voisinage « Je tricotais car j’avais une machine à tricoter. Je tricotais pour les autres, pour pouvoir mettre un peu de beurre dans les épinards! » (Georgette). D’autres faisaient des lessives à la main. « En 1947, je travaillais dans une culture maraîchère. J’ai fait les lessives pour les gens jusqu’en 1970. Je lavais le linge dans une gargote et je frottais à la main. » (Jeanne).

 

 

Avec la disparition des usines alentour et des entreprises implantées dans le quartier, celui-ci n’est plus autant ouvrier qu’il a pu l’être auparavant.