Voisinage
Découvrez l’ambiance de voisinage si particulière des quartiers de la Pilotière et du Pin Sec par les anecdotes suivantes.
Marthe raconte son arrivée dans le quartier de la Pilotière : « Depuis 1955, nous avons vraiment mis la Pilotière dans notre vie et on s’est retrouvé avec des voisins charmants. Quand on est arrivé, on a fait connaissance avec les habitants. A La Pilotière, à cette époque, c’était beaucoup de couples de nos âges avec des enfants en âge d’aller à l’école. »
Gardien dans la cité du Pin Sec, Michel se confie : « J’étais gardien. Je contrôlais, escalier par escalier, si ça se louait. Les nouveaux passaient chez moi pour prendre les clefs. On regardait ensemble l’appartement. On contrôlait si tout était en règle, si l’eau fonctionnait, s’il n’y avait pas de défauts. Les gens nous demandaient de passer chez eux pour une fuite d’eau. On venait voir ce que c’était et on constatait. Il y avait de l’occupation ! Je me suis occupé de 280 logements. Vingt-cinq escaliers de quatre étages avec deux appartements par palier. Les locataires nettoyaient les parties communes. Les locataires du 4ème descendaient à l’étage du dessous et ceux du 3ème continuaient. Je faisais les encaissements des loyers à la maison. J’avais arrangé l’entrée. Il ne fallait pas se tromper car nous étions responsables de l’argent. Ce n’était pas des chèques car ça n’existait pas. Les premiers chèques postaux commençaient tout juste à être utilisés à cette époque. La plupart des habitants n’avaient pas de compte en banque. Il était interdit de jouer sur la pelouse avec les ballons. Combien de fois j’ai réquisitionné les ballons ! Je leurs disais de m’envoyer leurs parents pour le récupérer. J’en ai eu jusqu’à une dizaine ! J’ai arrêté dans les années 1980 car il y a eu l’antenne de la Bottière. Après, j’ai fait un peu d’entretien et de réparation. »
Georgette se remémore l’atmosphère dans le Vieux Pin Sec : « Dans mon quartier du Vieux Pin Sec, de la rue de Valenciennes au boulevard Henri Dunant, nous étions très liés. Nous étions une grande famille et il y avait beaucoup d’entraide. On se retrouvait dans la cour à parler et dans les commerces mais j’ai le sentiment aujourd’hui que la cité du Pin Sec ne se parle plus. Nous ne sommes plus liés comme dans le temps ». Elle se souvient également de l’importance du milieu scolaire: « L’école a fait beaucoup. Nous, les mères, on se connaissait toutes. On allait conduire les enfants et on se parlait. Les rapatriés d’Algérie sont arrivés et on les a accueillis. L’école, c’était le plus grand mouvement. On avait monté une amicale laïque et on se retrouvait. »
Jean témoigne de l’entraide : « On se rendait des services entre voisins car c’était une ambiance de village. Tout le monde se connaissait. On se donnait des coups de main pour monter les parpaings. On montait des murs ensemble et on jouait aux cartes le soir », Jacqueline et Gabrielle également : « Tout le monde s’aidait et se parlait. Les maisons n’avaient pas de murs pour les séparer. Tout le monde avait un jardin avec des animaux. Il y avait un courant de sympathie. Les maisons n’étaient jamais fermées à clé et on s’empruntait mutuellement les choses ».

