Transports

Bien avant la seconde guerre mondiale, pour la desserte du quartier, le tramway était le seul moyen pour se rendre dans le centre-ville et d’en revenir. Le tramway est apparu dans le quartier en 1920. La ligne partait de la gare Saint-Joseph (Haluchère) et finissait à Chantenay. Il était appelé familièrement le « péril jaune » par les Nantais. En effet celui-ci était jaune et le tramway pouvait parfois représenter un danger pour ceux qui le prenaient ou passaient sur les rails. Ces derniers étaient situés route de Paris côté Batignolles le long des maisons.

 

Il y avait la motrice avec sur le toit la potence qui le reliait aux fils électriques et que le conducteur basculait à chaque bout de ligne pour repartir dans l’autre sens. Le wattman changeait de plate-forme pour repartir. Sur la plate-forme, les gens étaient debout. A l’intérieur, des sièges permettaient aux chanceux de s’asseoir. On pouvait aussi trouver une baladeuse accrochée à la motrice pour doubler le nombre d’usagers. D’ordinaire il était plus fréquent de trouver une baladeuse aux heures de pointe, mais en ce qui concerne le tramway du quartier, la baladeuse était utilisée à toute heure. Il n’était pas rare de voir des personnes qui ne pouvaient entrer à l’intérieur faute de places. Ils faisaient alors le voyage sur le marche pied accrochés aux barres de cuivre, ce qui pouvait parfois se révéler très dangereux. C’était le même prix pour tout le monde.

 

 

Une ou un receveur à l’intérieur avait une petite machine à manivelle accroché sur le ventre. Il vendait deux, trois ou quatre tickets selon la longueur du trajet et les compostaient. Il criait parfois « tout le monde sont servis sur la plate-forme ? ». Dans le tramway, des panneaux disaient : « Défense de fumer, même une Celtic ! » Prévention ou publicité ?

 

Pour les habitants de la Pilotière et du Pin Sec, il fallait aller à la chocolaterie ou à la gare Saint-Joseph pour prendre le tramway afin de rejoindre le centre-ville ce qui leur faisait une assez longue marche à pied. Pour aller travailler, à part le tramway, les gens se déplaçaient à bicyclette ou encore à moto et à mobylette. Ces deux derniers n’étaient pas aussi nombreux que les vélos. En 1956, les derniers tramways sont passés sur la route de Paris. La ville a décidé de les remplacer par des bus qui faisaient le même trajet. Au cours des années, de nouvelles lignes ont ouvert.

 

Le matin, dès 5h, les habitants de la route de Paris étaient réveillés par les ouvriers qui arrivaient aux Batignolles et dans les autres usines environnantes, en vélo, en mobylette, en car ou en tramway. L’entrée des Batignolles était alors sur le boulevard en face du boulevard de la Pilotière. Une autre accueillait les travailleurs en face de la gare Saint-Joseph.

 

La gare SNCF Saint-Joseph était encore en activité. Elle desservait la ligne vers Châteaubriant. Cette ligne est fermée aux trains de voyageurs en 1980. Le passage à niveau de la Haluchère était doté d’une cabine de garde-barrière. Elle était fermée plusieurs fois dans la journée pour laisser passer les trains sans compter ceux qui manœuvraient pour l’usine des Batignolles, Saulnier Duval ou Totaliment.

 

A cette heure-là, on entendait aussi les maraîchers qui arrivaient de Saint-Joseph et des environs avec leurs voitures hippomobiles. Ils se rendaient au Champ de Mars pour y vendre leurs produits.

Aujourd’hui le moyen de transport le plus utilisé est sans conteste la voiture, mais le tramway est revenu dans le quartier avec des arrêts à la Haluchère et au Pin Sec.