Logement
A la Pilotière
Les propriétaires Nathan, Thierry et Dauguet mettent en vente leur terre du lieu-dit de la Pilotière. Il y a 130000 m2 à lotir et un appel à achat est officialisé par arrêté préfectoral du 29 août 1930. Avant la guerre, les premières maisons s’élèvent au milieu des champs. Jeanne se rappelle: « A l’époque, il y avait des maraîchers partout. Il n’y avait pas d’électricité, ni d’eau courante, ni d’égouts. Il n’y avait pas de route, mais des chemins et on ne voyait pas de voitures. » Jeannine précise que « c’était des chemins de gros cailloux. » Certains habitants racontent aussi, qu’avant qu’il n’y ait les baraquements, le terrain était une grande plaine avec des puits et de très nombreuses chèvres.
Après 1945, la construction de pavillons s’accélère. Suite aux bombardements, il est urgent de reloger les familles démunies. Dans les années 1950-55, les maisons «fleurissent» à la Pilotière. Marthe ajoute qu’« à la Pilotière, les gens n’étaient pas beaucoup plus riches que les autres car avec tout ce qu’ils devaient payer pour leur maison, ils ne pouvaient pas faire de choses extraordinaires. »
De plus, à l’emplacement du centre socioculturel dans la rue des Platanes, des baraquements en bois ont été installés pour abriter les familles sinistrées. Michel se souvient: « Les baraquements étaient construits de bois. C’était provisoire et surtout précaire. On voyait le linge qui séchait. » Les baraquements étaient tous identiques raconte Exelsio « Il y avait 3 pièces dans le baraquement, une chambre de chaque côté et la cuisine au milieu. Il y avait un petit couloir et on avait un jardin. Tout le monde avait son petit jardin. [...] tout était clôturé. Ça faisait comme si c’était une maison de particulier. C’était petit car nous on était sept enfants plus les parents. Il y avait de plus grands baraquements où il y avait de plus grandes familles. [...] Ils avaient plus du double de pièces que nous. »
Puis les baraquements ont peu à peu disparu. Les gens se sont relogés et ont laissé place à un centre socioculturel, une crèche et un square.
Les rues de la Pilotière: rue de Nancy, rue de Toul, boulevard de la Pilotière, rue des Platanes, rue d’Epinal, rue de Thann, rue de Metz, rue Clément Ader, rue Félix Ménétrier (portion attenante au boulevard Jules Verne).
Au Pin Sec
Le quartier du Marchix en centre-ville est le sujet d’un vaste plan de rénovation urbaine. Ce projet est étudié depuis de nombreuses années et les destructions d’immeubles et de rues suite aux bombardements de septembre 1943 hâte le processus. Jeannine raconte cette ambiance de départ: « On est parti en 1957 du Marchix. Il fallait que l’on déménage rapidement. Il fallait déguerpir parce que la pelleteuse arrivait. »
Le 31 mai 1951, le Conseil d’Administration de l’Office Public d’HLM déclare l’acquisition de deux hectares dans le chemin du Pin Sec en vue du relogement. Le chantier démarre en 1954 et dure deux ans par tranches successives. Lorsqu’un immeuble était achevé au Pin Sec, un autre était démoli au Marchix. Les logements HLM, immeubles ou pavillons, sont bâtis.
Ce Premier Pin Sec (appelée également « Vieux Pin Sec ») est bâti au milieu des champs et des tenues maraîchères sur un terrain de forme rectangulaire de M. Nassivet (domaine de la Grande Garenne). Ces espaces des lieux-dits du «Pain Sec» et de «La Lande» sont acquis par l’Office Public d’HLM en 1953. Cette cité accueille de nombreux habitants du Marchix. Georgette se souvient : « Je suis arrivée le 13 septembre 1958. Je venais du Marchixet j’ai été relogée dans le Pin Sec. C’était merveilleux d’arriver ici car je n’avais ni électricité, ni eau dans le Marchix. Ma fille de quatre ans ne faisait que toucher les boutons électriques pour allumer et éteindre la lumière. C’était magique. » Jeannine témoigne également de son arrivée au Pin Sec : « On n’avait rien du tout. Sans chauffage central, il fallait chauffer la maison avec la cuisinière à charbon. Par les grands froids d’hiver, on avait de la glace sur les vitres à l’intérieur car il n’y avait pas d’isolation. Le chauffage a été installé en 1967 donc nous avons été pendant 10 ans sans chauffage. En l’absence de chauffe-eau et de douche, on allait au bains-douches à Toutes-Aides. On n’avait même pas un lavabo dans la salle de bain mais juste un robinet d’eau au-dessus du bac à laver. »
Le groupe scolaire du Pin Sec est bâti en 1958 sur une nouvelle parcelle rachetée à M. Nassivet. Il se situe dans la rue Urbain Leverrier et en porte le nom. Les rues Félix Ménétrier et Urbain Leverrier sont loties dès 1969. « Là où poussaient les salades, s’élevèrent des HLM. »
Au Vieux Pin Sec: rue de Valenciennes, rue Urbain Leverrier (côté école), rue Henri Dunant (côté impaire)
Suite à la guerre, aux bombardements et à la crise féroce du logement, les maisons et les appartements HLM sont une chance d’avoir un lieu d’habitation correct pour élever les enfants dans un confort et un environnement propre. Les HLM sont une communauté où chaque habitant apprend à vivre son intimité tout en partageant quelque chose: les logements sont les cellules d’un même ensemble (source: Regards sur Nantes Habitat, 2003).
Dès 1962, le Deuxième Pin Sec (nommé « Nouveau Pin Sec ») s’élève jusqu’à la voie ferrée, entre les rues Henri Dunant et Louis Guiotton. Cette deuxième cité loge les rapatriés d’Algérie et des habitants des baraquements du Chêne des Anglais et de la Pilotière. La chapelle Saint-Jean-Baptiste est construite en 1956 dans la rue de Toul.
Au Nouveau Pin Sec: rue Louis Guiotton, rue de la Riveterie, rue Henri Dunant (côté paire), rue Pierre Bouguer.
Au Pin Sec, les logements HLM ont été construits en réponse à la crise du logement qui touchait Nantes depuis les années 30. Ces logements n’ont connu des améliorations que trés récemment.






