L’église Saint Jean-Baptiste

Avec la construction de maisons individuelles à la Pilotière et l’arrivée de nouveaux habitants au Pin Sec, le quartier s’est peu à peu peuplé. Mme Gergaud nous informe de l’inexistence de lieu religieux sur le quartier : « Je me suis mariée en 1952 à l’église Don Bosco car celle du quartier n’existait pas encore. » Alors face à l’ampleur que prend le quartier, les autorités religieuses prennent conscience qu’il faut y implanter un édifice religieux.

Le terrain de football du Pin Sec, appartenant à la paroisse Saint-Nicolas du centre-ville de Nantes, est retenu pour l’implantation d’un centre religieux. En juin 1955, une chapelle de secours immédiate, dépendante de la paroisse Saint-Georges des Batignolles, est établie sur une parcelle de lotissements, rue de Toul. Le chantier est sous la responsabilité de l’abbé Grelier. Les plans de cet ouvrage sont l’œuvre de l’architecte Lhermitte. La main d’œuvre bénévole concoure à son édification avec des maçons. Le clocher blanc de culminera à 7 mètres de hauteur et l’église pourra accueillir 300 personnes. Eugène se souvient de l’ambiance : « L’animation du quartier a évolué de manière spectaculaire avec l’arrivée de l’abbé Grelier. C’était un prêtre-ouvrier détaché de l’église Saint-Georges des Batignolles. » L’abbé Grelier qui a beaucoup marqué l’histoire du quartier était un vicaire de St Georges des Batignolles, qui a été détaché de cette paroisse pour venir travailler dans cette nouvelle église. Il n’est devenu prêtre-ouvrier qu’au moment où il s’est totalement investi dans l’association de l’Etape. Il s’y est impliqué dès le début et quand l’association s’est développée il a quitté l’église Saint-Jean-Baptiste au profit de l’Etape.

La première messe dans la chapelle Saint-Jean-Baptiste est célébrée le 23 septembre 1956. Elle devient officiellement « église » lorsque les baptêmes, mariages et enterrements y sont célébrés à partir du 1er janvier 1958. L’abbé Grelier résidera dorénavant sur place. En effet, la cure, installée dans un baraquement, se situe derrière le bâtiment, dans la cour. C’était un ancien baraquement américain venu de Saint-Nazaire. Il avait servi au relogement des habitants suite à la destruction de la ville pendant la seconde guerre mondiale.

 

Marthe raconte le contexte des débuts de la chapelle devenue église : « Notre fille a été baptisée par ici. Elle est née en 1957. A cette époque, la chapelle était déjà construite mais c’était une chapelle annexe à la paroisse Saint-Georges des Batignolles. Ce n’est qu’au début de 1958 qu’elle est devenue officiellement paroisse. On pouvait alors y célébrer les baptêmes, les mariages et les enterrements. J’ai aussi fait le catéchismeà des gamins. Les salles de catéchisme étaient à l’emplacement des locaux du terrain de foot. Cet espace appartenait à l’Evêché. »

 

Les limites de la paroisse sont fixées par l’évêché : Pilotière, Pin Sec, chemin des Collines, Clos Gaud, la Sécherie, la Basse-Bottière, route de Sainte-Luce, avenue des Blés d’Or, chemin de la Bottière, chemin Félix Ménétrier, route de Paris de la Chocolaterie à l’entrée de l’usine des Batignolles. L’ensemble de ces quartiers compte 3000 habitants en 1958 dont 200 en âge de faire du catéchisme.

Au début des années 1990, l’église Saint-Jean-Baptiste « se refait une beauté ». En effet cette structure légère en parpaings conçue provisoirement s’est révélée définitive. Consolider l’ensemble était nécessaire plus de 30 ans après sa construction, les travaux portent sur une réfection intérieure. Des vitraux récupérés lors de la destruction d’une chapelle y sont posés et un petit orgue électronique est installé.

Avant la construction de l’église Saint-Jean-Baptiste, l’abbé Grelier propose des activités de loisirs avec le patronage chaque jeudi : jeux, sorties, pique-niques, parties de foot, initiation à la natation, projections de films muets avec Charlot, etc. S’y mélangeaient les enfants de maraîchers et d’ouvriers des Batignolles. La construction de l’église Saint-Jean-Baptiste a permis de rapprocher les patronages. L’église a un important rôle d’animation pour la jeunesse. Par exemple, le terrain de football du Pin Sec et ses vestiaires sont un « haut lieu » des activités sportives et festives dans le quartier (feu de la Saint-Jean). Les fêtes rythment le temps dans le quartier. La première kermesse de l’église Saint-Jean-Baptiste est organisée au printemps 1958. Marthe évoque également les initiatives de la Jeunesse Ouvrière Chrétienne sur le quartier : « J’avais commencé à faire des activités de la JOC, la Jeunesse Ouvrière Chrétienne. Les filles et les garçons avaient des sections séparées mais il y avait des moments de grands rassemblements, de rencontres où l’on pouvait connaître des gens. »