Ecoles

Différentes écoles, publiques ou privées se sont succédées et ont accueilli les enfants des quartiers de la Pilotière et du Pin Sec, toutes situées à proximité de la route de Paris.

 

Ecoles publiques, écoles privées ? Dans les foyers, le choix n’est pas forcément tranché pour l’une ou l’autre. Pour certaines familles, les filles vont dans le privé à Notre-Dame des Batignolles et les garçons dans le public à la Pilotière ou aux Batignolles, placée un peu plus loin sur la route de Paris. Jeanne le confirme : « Les filles allaient à l’école Notre-Dame des Batignolles et les garçons à l’école publique des Batignolles puis à Urbain Leverrier.» Pour d’autres, filles et garçons sont inscrits dans le privé : « Mes six frères allaient à Don Bosco et moi à Notre-Dame des Batignolles » (Marie-Annie).

 

L’école des Poilus

L’école des Poilus, aujourd’hui François Dallet, est construite au début des années 1900 aux n°148 et 150 du boulevard des Poilus. Les deux bâtiments, avec leur façade en pierre, reçoivent les garçons et les filles. Jacqueline se souvient : « L’école des Poilus est devenue l’école François Dallet. J’y étais avant d’aller à Notre-Dame des Batignolles ». Pendant l’occupation, les Allemands ont occupé les locaux obligeant les enfants à se déplacer vers des écoles plus éloignées. Ils vont alors connaitre la classe à la demi-journée. En effet, le nombre de salle était insuffisant pour accueillir tous les élèves en même temps. Au bout d’un an, ils ont retrouvé le chemin de leur école.

 

L’école de la Pilotière

Savez-vous qu’il a existé un groupe scolaire La Pilotière ? En 1923, la décision est prise par la Ville de Nantes de construire une école dans le secteur de la route de Paris. Faute de terrain disponible, le projet s’arrête. Il est repris en 1930 et le site de la Pilotière est retenu. Il est envisagé de construire deux écoles de huit classes, en bordure de la route de Paris et du boulevard de la Pilotière. Finalement, elle sera édifiée à l’angle des rues de Thann et Louis Guiotton sur un terrain en friche avec d’anciens bâtiments de ferme d’une superficie de 11799 m2 qui appartenait à M. Nathan.

 

Gabrielle raconte : « Mon frère allait à l’école de la Pilotière. Il a fait sa scolarité jusqu’à ses 13-14 ans. A cette époque, il n’y avait pas de classes maternelles, juste une classe enfantine. On rentrait tout de suite en primaire ».Elle précise : « C’était une école mixte, faite de baraquements comme les maisons en bois que l’on trouvait avant le centre socioculturel. Mon frère allait là, ma sœur et moi chez les sœurs à Notre-Dame des Batignolles ». Suzanne se souvient aussi de cette école : « Mon fils aîné allait à la Pilotière jusqu’à l’ouverture de celle des Marsauderies. Il ne fallait pas lui mettre de bonnes chaussures. Le terrain était tellement humide qu’il revenait avec les chaussures trempées ! Le Directeur s’appelait M. Lemoine et il a fait l’ouverture de l’école Urbain Leverrier ».

 

Roger donne quelques détails supplémentaires sur cette école « La cantine se trouvait au bout de la rue de Thann. Il y avait des classes dans des baraquements qui étaient identiques à nos baraquements de la Pilotière. La cantine était au bout. Après, il y avait une classe de maternelle et ensuite deux classes dont une de Mme Nérout. J’ai été chez elle quand je suis arrivé de Don Bosco. [...] Il y avait des classes qui étaient dans un préfabriqué récent et en dur. Les classes étaient mixtes mais il y avait la cour des filles et la cour des garçons. En récréation, on n’était pas ensemble. En classe, on se retrouvait tous ensemble. »

 

Aujourd’hui, à l’emplacement de l’école de la Pilotière, on trouve deux immeubles. Détruite à la fin des années 1950, elle n’a laissé aucune trace.

 

L’école des Marsauderies

Le projet de construction de l’école des Marsauderies date de 1949. La première pierre est posée en 1952. A la rentrée 1953-54, elle accueille les enfants du quartier dont certains fréquentaient l’école de la Pilotière. Suzanne se remémore : « Quand l’école des Marsauderies a ouvert, mon aîné a quitté celle de la Pilotière. Je me souviens le jour de la rentrée, je l’accompagnais avec mon deuxième de cinq ans qui voulait absolument aller à l’école mais il n’y avait pas encore de maternelle. Évidement, il ne me croyait pas. Je l’ai donc emmené jusque dans la classe de CP afin que le maître lui explique. Comme il n’y avait pas beaucoup d’élèves, il l’a accepté pour la matinée. Quand je suis arrivée le midi pour récupérer mes garçons, le petit m’a dit : tu vois maman, j’ai un cahier et une place. C’est comme ça qu’il a commencé l’école un an plus tôt et qu’il a fait sa scolarité avec une année d’avance ».

 

L’école du Pin-Sec ( école Urbain Leverrier )

 

Puis une école a ouverte dans le Pin-Sec. « Nous, on a fait l’ouverture de l’école du Pin Sec. On n’avait pas loin pour amener nos enfants »(Georgette). Christine Urbain témoigne : « Au début, il n’y avait pas de nom et un jour mon mari me dit : tu ne devineras jamais le nom de la rue : Urbain Leverrier !J’ai dit : C’est pas vrai ! C’est pour ça que l’on recevait du courrier Urbain, rue Urbain. Pour les gamins, l’école était à nous.»

 

Roger, concierge de l’école Urbain Leverrier, a pris sa fonction dès l’ouverture. Il y est resté jusqu’à sa retraite. Sa femme Christine raconte : « L’école a ouvert en septembre 1958 mais elle n’était pas finie. Il n’y avait qu’une classe de maternelle qui était dans les locaux du primaire. La cantine était dans le deuxième bâtiment. Il y avait deux logements de fonction, un pour le directeur et un pour nous. C’était un bâtiment à étages. Nous étions en bas. Le directeur était en haut. Il avait pris l’appartement avec le balcon au sud. C’était M. Lemoine qui arrivait de l’école qui était en bas de la rue de Thann, la vieille école de la Pilotière ».

 

« Avant l’école de la Bottière, on a tourné avec vingt deux classes de primaire, plus six dans les baraquements et douze classes de maternelle. Il y a eu beaucoup de directeurs à l’école Leverrier 1. Il y a eu M. Lemoine, un rapatrié d’Algérie dont je ne me souviens plus le nom, après M. Ledevin qui venait des Marsauderies, M. et Mme Perret, un autre et M. Glautin. A Leverrier 2, on a eu Mme Redouté pendant seize ans. Il y a eu un CEG à Leverrier avant que le collège de la Colinière soit construit. Les docteurs Boy et Guillot y ont fait leur sixième » (Christine).

 

« Je me plaisais bien. Mon mari se levait à sept heures et partait dans les classes. Il balayait, mettait en route les chaudières. Au début, ce n’était pas moderne ! C’est lui qui sonnait la récréation. A onze heures, il venait déjeuner avant de s’occuper de la cantine. Pendant onze ans, il mettait le couvert puis il allait au portail chercher avec des chariots les bidons de nourriture. Après, il fallait faire la vaisselle. A quinze heures, il revenait. Puis à dix-sept heures, il repartait balayer les classes et les cours de récréation » (Christine).

 

Bruno et Roger Borsatti nous raconte quelques anecdotes sur cette école et leur instituteur. Bruno commence « Notre instituteur (M. Lemoine) nous disait : demain c’est composition de calcul ou de géographie. On avait son fils qui était avec nous dans la classe. Il préparait toujours son cahier la veille et il y en avait toujours un qui était délégué pour aller voir la composition du lendemain. Une fois, il avait un petit doute. Il avait été instit à Saint-Nazaire et il racontait qu’il y avait des élèves à Saint-Nazaire qui allaient voir son cahier. Nous, on se faisait tout petit mais ça avait bardé ce jour là. Mais il ne l’a jamais su et son fils était avec nous. C’était le premier complice. Personne ne disait rien. On était une petite unité. »

Roger continue « Il était gentil c’était un bon prof. » et il rajoute à propos du certificat d’études « Comme je ne foutais rien à l’école, comme j’étais dans sa classe pour le certificat d’études, il me dit un jour : Borsatti, toi, si tu as ton certificat d’études, tu auras de la chance. Je vais te donner une chance quand même, tu vas passer au certificat des adultes. Si tu rates celui-là, tu pourras te reporter sur l’autre. Je passe le certificat d’adulte et j’ai mon certificat d’adulte. Je passe chez lui le soir et je dis à M. Lemoine que j’ai mon certificat d’adulte. Il n’en revenait pas. Même que mon père lui avait payé le resto. Mon père avait dit : puisque vous lui avez fait passer son certificat, je vais vous payer le restaurant. On avait rejoint mon père et on avait arrosé le certificat. C’était rigolo. »

Aujourd’hui, le groupe scolaire Urbain Leverrier regroupe une école maternelle et une école primaire. Depuis quelques années, la fanfare Urbain’s Band, née d’un projet entre l’école primaire et le Conservatoire de Région, contribue à la renommée de l’école dans toute la France.