Rues et environnement

Les anciennes maisons de maîtres


Avec la construction des nouveaux quartiers, les anciennes maisons de maîtres ont été entourées de maisons et d’immeubles. A l’image des domaines de la Grande Garenne et de Bel Air, ces imposantes bâtisses ont peu à peu disparu pour laisser place à l’urbanisme d’aujourd’hui. Denise se souvient : « Les terrains étaient nus, il n’y avait que des jardins et des maraîchers » et les souvenirs d’Eugène le confirment : « Cette période se situe à la fin d’une époque où Nantes s’arrêtait aux boulevards de ceinture. La campagne prenait aussitôt le relais avec ses maraîchers, les chemins boueux, les taillis et les maisons secondaires ».


Les rues et leurs aménagements


En avril 1922, une proposition est formulée de modifier le nom du chemin de la Garenne pour « rue Félix Ménétrier ». Professeur au lycée de Nantes et homme de lettre, il est décédé en avril 1922 dans sa demeure chemin de la Garenne. La ville de Nantes reconnaît alors que ce chemin vicinal n°21 porte une dénomination commune à plusieurs voies de la ville. Elle est « destinée à devenir, tôt ou tard, une rue de l’agglomération ouvrière en formation » (source : AMN 1O606).

 

rues_01En janvier 1957, la ville de Nantes émet le projet de classement et d’alignement du chemin rural non reconnu du Pin Sec. « La construction prochaine d’un groupe scolaire et d’une cité au Pin Sec va rendre indispensable l’aménagement des voies de ce quartier et, en particulier, l’aménagement du chemin rural non reconnu du Pin Sec qui assure déjà la desserte de la cité de relogement des habitants du Marchix. Il convient donc de préciser l’affectation de cette voie en la classant dans la voirie urbaine et d’en définir les alignements. » Dès le début des années 50, des demandes d’amélioration des voies sont formulées. L’article du Bulletin Paroissial de mai 1958 « On l’a eu, la route » marque la joie des habitants du Pin Sec d’avoir des routes « à peu près correctes » ! Marie-Annie se rappelle ce chemin rural en terre devenu aujourd’hui la rue Louis Guiotton. De plus Marthe raconte que lors de la construction du boulevard de la Pilotière, qui n’en a aujourd’hui que le nom, celui-ci devait servir de boulevard de ceinture de la ville de Nantes. On peut voir aujourd’hui que le quartier ainsi que la ville ont beaucoup évolué en matière d’urbanisme.

 

A la Pilotière, dans les années 50, une Association syndicale des propriétaires du lotissement de la Pilotière est créée afin de « solutionner dans les meilleures conditions les problèmes d’entretien des voies, de salubrité, d’éclairage, etc.». En 1956, elle demande la numérotation des immeubles. Ce sera réalisé en 1958 par les services de la ville de Nantes. L’éclairage des carrefours de la Pilotière a été installé cette même année. En septembre 1961, les propriétaires de la Pilotière par l’intermédiaire de cette association syndicale, se voient dans l’obligation de verser une redevance à la SNCF pour le déversement d’eaux pluviales et de ruissellement dans l’aqueduc des Chemins de fer. L’association est dissoute en février 1963 (source : AMN 6W69).

 

En 1996 est réalisé à l’angle de la rue de la Riveterie et du boulevard Henri Dunant, une arche en bois de séquoia, par les ateliers de Launay. C’est une œuvre qui sert d’entrée pour le quartier. Cette arche a été créée avec l’aide des enfants du groupe scolaire Urbain Leverrier.

 

Les rues et les égouts

 

Dans un quartier qui se densifie, la question des eaux usées est fondamentale. De nombreuses demandes d’habitants sont adressées au maire de Nantes. En 1951, un habitant du chemin du Pin Sec explique son problème : « Le dit chemin est bordé par un fossé dans lequel se déversent les eaux de pluie provenant en partie de mon terrain (…). Ce fossé n’a jamais été curé ou ne l’a pas été depuis fort longtemps. Il s’ensuit que la moindre pluie transforme la partie inférieure de mon jardin en un véritable lac. Cet état de choses s’est encore aggravé par l’écoulement des eaux du fossé qui a favorisé un amoncellement de vase à odeur nauséabonde. Toutes sortes d’herbes aquatiques ont envahi ce bourbier d’eaux stagnantes, véritable refuge des mouches, moustiques et autres (…) ».

 

En 1955, un autre habitant de la rue des Platanes expose la situation : « Je me suis présenté à plusieurs reprises au service de l’hygiène pour que soit comblé un trou se trouvant devant chez moi, rempli d’eau stagnante. Il s’y dégageait une odeur nauséabonde et cela constituait un danger d’épidémie (…). Se sont installés toutes sortes de détritus et de caoutchouc, ce qui n’est pas fait pour rendre l’air plus parfumé. Avec l’été qui approchait, cet endroit allait devenir intenable (…) ».

 

En 1957, un habitant de la rue de Thann expose sa requête : « Auriez-vous l’obligeance de faire nettoyer le fossé se trouvant au bout de la rue de Thann ? Ce fossé longe mon jardin et je l’ai déjà fait nettoyer au début de l’année des eaux malsaines y séjournant continuellement (…) ».

 

Ces anecdotes témoignent du contexte d’insalubrité des aménagements. Pour la Pilotière, la construction des égouts débute en mai 1957 (source : AMN 16W41). Un article du Bulletin Paroissial de novembre 1957 confirme ces travaux. Pour le Pin Sec, le marché pour la canalisation conclu en 1964 et le branchement au réseau est ensuite exécuté par le service municipal des Eaux de la Ville de Nantes dès 1966 (source : AMN 20W69).

 

Les rues et la botanique

 

rues_02Dans le quartier du Pin Sec, comme dans d’autres secteurs de Nantes, les tenues maraîchères et les anciennes maisons de maîtres disparaissent pour la création de logements. De cette époque où ces espaces étaient à la campagne, subsistent un riche passé botanique. Le SEVE (Service des Espaces Verts et de l’Environnement de la Ville de Nantes) a répertorié une grande quantité d’essences américaines et orientales ainsi que des vieux chênes. On peut constater que la botanique a marqué le quartier ne serait-ce qu’à travers le nom de la rue des platanes. En effet ce nom daterait de l’époque où il existait dans cette rue deux platanes. De plus certaines personnes racontent que le nom Pin Sec serait peut être dû à l’existence du côté du domaine du Bel Air, d’un sapin géant mort et sec.

 

Dans la rue Félix Ménétrier, des séquoias géants californiens atteignent 30 mètres de hauteur. Ces arbres avoisinent les 110 mètres dans les forêts américaines et certains peuvent avoir plus de 3 000 ans. Dans le quartier, ce ne sont que des « petits » de 120 ans.

 

Trois circuits « nature » ont été créés en 1998 en collaboration avec le SEVE, la Mairie Annexe de la Bottière, Nantes Habitat, l’école Urbain Leverrier 1 et de nombreux habitants du quartier (source : Nantes Passion d’avril 1999 « Balade verte entre Pin Sec et Bottière », pp 21-22). Pour le circuit du Pin Sec, vous pourrez découvrir :

  • des chênes pédoncules et un sorbier des oiseleurs dans la rue Pierre Bouguer ;

  • un pin de Monterey et des arbres de Judée dans la rue Henri Dunant ;

  • un pterocarya et des saules pleureurs dans la rue Louis Guiotton ;

  • des tilleuls, un cyprès chauve et un désespoir des singes dans la rue Félix Ménétrier ;

  • des séquoias, des tilleuls, des chênes pédoncules et des pins maritimes dans la rue Jean-François Champollion.