La Guerre

Nantes située en zone occupée a été très durement touchée par les bombardements alliés qui pilonnaient les lieux stratégiques de l’armée allemande basée en ville. Pendant la guerre, La ville a subi 28 attaques aériennes. Le quartier du Pin Sec et de la Pilotière n’a pas été épargné, mais dans une moindre mesure comparé au centre ville de Nantes qui a connu de nombreuses destructions.

De la période de l’occupation, Mme Coupet se souvient de la résistance  » active « de sa maman qui déplaçait régulièrement la pancarte indicatrice de l’entrée de l’état major que l’occupant s’entêtait à replanter dans son jardin. Elle se rappelle également de la persistance des allemands à tirer les rideaux, bleuir les fenêtres du sous-sol… des mesures censées empêcher les aviateurs de repérer cette cible de choix. Pour de nombreux habitants, témoins de cette période, le bombardement allié du 23 mars 1943 de l’usine des Batignolles qui produisait des locomotives pour le front de l’Est et qui fit 23 victimes parmi les ouvriers ; tout comme la bombe qui tomba sur la Pilotière ou encore l’avion qui s’écrasa à Vertou sont des souvenirs bien vivaces.

En effet, beaucoup d’habitants évoquent la peur qui les saisissait dès qu’ils entendaient les sirènes retentir pour annoncer une attaque aérienne. Jacqueline et Gabrielle racontent que lors de ces alertes, elles allaient se réfugier dans le caveau en béton armé que le père de Gabrielle avait fait construire. A cause de ces attaques aériennes, beaucoup de familles déplacèrent leurs enfants vers la campagne pour plus de sécurité.

Malgré la guerre, le travail devait continuer :  » Le matin, j’allais livrer de la marchandise aux Boches avec le camion. «  L’occupation a intensifié l’activité de l’usine des Batignolles, qui produisait des armes de guerre. Elle fut d’ailleurs la cible de plusieurs actes de sabotage perpétrés par les résistants.

Pour acheminer les ouvriers, au tram de l’époque était adjointe une remorque destinée au transport de ces derniers. Mais la vie a continué malgré les conditions difficiles imposées par l’occupant. Jacqueline raconte une anecdote à propos de sa mère et sa grand-mère qui étaient allées chercher des patates dans une grande bassine. Celle-ci était très lourde et en retournant chez elles, elles ont entendu les pas de soldats allemands qui les suivaient et les ont interpellées. Ceux-ci voyant les difficultés des deux femmes voulaient les aider à porter la bassine remplie de patates.

Cette guerre n’a pas laissé beaucoup de traces visibles dans le quartier, mais a marqué profondément dans les esprits. D’autant plus que, les domaines de la Grande Garenne et de Bel Air servaient de base d’état-major, pour les forces allemandes présentes dans la région. Dans le parc du domaine de la Grande Garenne fut construit un bunker avec les sapins de la propriété relié par un souterrain au château de la Grande Garenne.

C’est aussi à cause de la guerre et des bombardements qui dévastèrent une vaste partie du centre ville, que beaucoup de personnes ont été relogées dans le quartier.